Avant M.M.

Walt Disney aimait à répéter : «N’oublions jamais que tout a commencé par une souris». Mais tout aurait pu commencer par un... lapin. C’est en effet «Oswald le lapin chanceux» qui a été la vraie première vedette des studios Disney, en 1927,un avant avant la naissance de Mickey... et encore aux temps du muet. Mais le personnage lui ayant été volé par un distributeur véreux, Walt a dû en inventer un autre très rapidement. En 2006, The Walt Disney Company a pu récupérer les droits sur Oswald.. et Mickey et lui ont enfin pu «tourner» ensemble, à l’occasion du jeu vidéo évènement Disney Epic Mickey.
Mais le plus vieux personnage Disney «en activité» est en réalité l’éternel ennemi de Mickey, et avant lui d’Oswald et même de la l’héroïne de la série «Alice in Cartoonland». Eh oui, la plus ancienne star du studio est en réalité Pat Hibulaire... depuis 1925 !




La création de Mickey

C’est au début de 1928 pendant un voyage en train qui le ramenait de New York en Californie que Walt Disney a créé son personnage le plus célèbre. Il en a esquissé les traits et le caractère. Sa femme Lillian a proposé le nom de Mickey qu’elle trouvait moins prétentieux que celui envisagé à l’origine : Mortimer. Quelques jours plus tard, Ub Iwerks, principal collaborateur de Walt Disney, lui a donné son premier look. Les deux premiers cartoons de Mickey étaient muets et aucun distributeur n’en a voulu.




Steamboat Willie, le premier cartoon sonore

Mickey a donc débuté au cinéma le 18 novembre 1928 dans «Steamboat Willie», en première partie d’un film aujourd’hui complètement oublié, «Gang War». L’évènement s’est déroulé au Colony Theater de New York, dans le même cinéma qui accueillera la première de «Fantasia», 12 ans plus tard !
«Steamboat Willie» est le premier cartoon sonore de l’histoire mais contrairement à ce qu’on croit souvent, Mickey n’y parle pas : il se contente de faire du bruit, de siffler et de chantonner. Les deux premiers cartoons de Mickey, muets, sont sonorisés et sortent dans la foulée. Mais ce n’est que le 1er février 1929, dans «The Carnival Kid» qu’il prononcera ses premiers mots avec la voix de Walt Disney.




Mickey, alter ego de Walt Disney

Quand on interrogeait Walt Disney sur ses influences, il mentionnait en premier lieu Charles Chaplin. Mais pour ses collaborateurs et pour sa fille Diane : «Mickey, c’était Walt». D’ailleurs, c’est bien Walt Disney qui a été la voix de Mickey pendant les 20 premières années. Jimmy MacDonald, Wayne Allwine et Bret Iwan (depuis 2010) lui ont succédé. En France, En France, Mickey a eu de nombreux doubleurs, dont l’homme aux 1000 voix : Roger Carel. Actuellement, c’est Laurent Pasquier qui est sa voix officielle.
Walt Disney était très attaché à Mickey et quand Donald est devenu plus populaire que lui, il n’a pas hésité à l’entraîner dans de nouvelles aventures : longs-métrages comme Fantasia (1940), télévision (années 50), ambassadeur des parcs à thèmes (à partir de 1955). À ses collaborateurs, il répétait souvent : «N’oublions jamais que tout a commencé par une souris» !




Toujours différent, toujours le même

De 1928 à 2012, c’est toujours le même Mickey qu’on aime. Et pourtant, il a bien changé... physiquement. À ses débuts, il était plus allongé, plus sec, plus... «rongeur». Avec le temps, il s’est arrondi. Il ne portait pas de gants dans ses premiers cartoons. Il passe à la couleur en 1935. Quel que soit l’angle sous lequel on le regarde, ses oreilles restent parfaitement rondes... sauf pendant une brève période en 1941 où elles ont été dessinées en perspective. Walt Disney, n’ayant pas aimé, les oreilles ont vite repris leur forme première !
Mais ce sont surtout les yeux de Mickey qui ont évolué. Ils étaient d’abord ronds comme deux billes. Dès 1929, une encoche apparaît dans la pupille. À partir de la séquence de l’Apprenti Sorcier dans «Fantasia» qui demandait de vraies «qualités d’acteur», les animateurs ont entouré ses pupilles d’un cercle blanc : cela permettait une plus grande expressivité. Depuis, c’est surtout son costume qui a changé, passant de la culotte rouge à boutons dorés de ses débuts à des vêtements en accord avec toutes les modes.




La musique adoucit les moeurs

Dans «Steamboat Willie», Mickey ne parle pas encore mais il joue déjà de la musique ! Son goût pour le jazz, ses gants blancs, le rapprochent de ces musiciens afro-américains qui se produisaient alors sur les planches à Broadway, un genre à l’époque assez révolutionnaire.
La musique a toujours accompagné les grands moments de sa carrière. Dans son premier cartoon en couleurs, «La Fanfare» (1935), il dirige l’ouverture de «Guillaume Tell». Arturo Toscanini adorait ce dessin animé et a donné l’idée à Walt Disney d’en faire d’autres sur ce même principe. Mais le plus grand rôle de Mickey reste bien sûr celui de «L’Apprenti Sorcier» réalisé pour Fantasia avec le grand chef d’orchestre Leopold Stokowski. Dans ce dessin animé, le nom que les animateurs ont donné au sorcier est Yensid : il s’agit du nom de Disney... inversé !
De nos jours, la trame du jeu vidéo phénomène Disney Epic Mickey 2 : Le Retour des Héros est, comme celle de la plupart des grands dessins animés du studio, intimement liée à la musique. Il en va ainsi depuis 1928 !
Pour les compositeurs, le terme «mickey mousing» appliqué à la musique de cinéma décrit le fait d’attribuer un leitmotiv sonore pour chaque personnage à l’écran !




Une carrière bien remplie

Entre 1928 et 1953, Mickey a tourné dans pas moins de 118 cartoons. Dans les années 30, il pouvait tourner un dessin animé par mois, avec même un record de 14 cartoons en 1932 ! À partir des années 50, Mickey s’est principalement consacré à sa carrière à la télévision, dans les parcs à thèmes et plus récemment dans les jeux vidéo, sans s’interdire quelques retours sur le grand écran comme dans «Le Noël de Mickey» dans les années 80 et «Le Prince et le Pauvre» et «Mickey perd la tête» dans les années 90.
Il a également tourné dans plusieurs longs-métrages : «Fantasia» (1940), «Coquin de Printemps» (1947), «Qui veut la peau de Roger Rabbit ?» (1988), «Dingo et Max» (1995) et «Fantasia 2000». Grâce à la magie des effets spéciaux, Mickey est déjà monté sur scène recevoir un Oscar, ce qui en fait sans doute «l’acteur» avec la plus longue carrière à Hollywood !




Le Journal de Mickey

Chez nous, Mickey doit sa popularité presqu’autant à l’édition qu’au cinéma. Si le premier «Mickey Mouse Book» est paru aux États-Unis en 1930, dès l’année suivante, Hachette commence à publier des albums de Mickey en français, la plupart originaux. Le 21 octobre 1934 paraît le premier numéro du Journal de Mickey qui révolutionne la presse enfantine. Son modèle n’a jamais été dépassé et même outre-Atlantique son succès est envié. Grâce à lui, le terme de «petits miquets» pour désigner des personnages de BD est même entré dans le dictionnaire ! Interdit pendant la guerre, Le Journal de Mickey reparait à partir de 1952. Sa numérotation repart à zéro, ce qui fait que les collectionneurs peuvent chiner deux numéros 1 différents : celui de 1934 et celui de 1952 !
Aux dessinateurs américains des premières années (comme Floyd Gottfredson, considéré comme un géant des comics), d’autres artistes européens ont donné à Mickey un authentique ancrage local. Parmi les grands dessinateurs français du Journal de Mickey, on peut citer Jacques Marin («Bébés Disney») ou Pierre Nicolas (auteur de la série-culte «Mickey à travers les siècles». Ce dernier est également l’auteur de la célèbre couverture de Paris Match éditée à l’occasion de la mort de Walt Disney et représentant Mickey écrasant une larme.
C’est grâce à la bande-dessinée qu’on sait que Mickey a une grande, très grande, très très grande, famille. Outre ses neveux Jojo et Michou, on a découvert dans Le Journal de Mickey ses cousins Ben Ali Maus, Digger (et sa fille Matilda), Marty et Moocher, sa cousine Madeline (c’est le sosie de Minnie !), ses oncles Boomer, Louie, Manley, Maxwell et Mukluk, son grand-oncle Maximilian Mouse et même son arrière-arrière-arrière-grand père Jonathan Tobias Mouse !




Mickey à Paris

En 1935, en se promenant sur les Champs-Élysées à Paris, Walt Disney remarque une affiche pour une compilation de cartoons de Mickey. Il entre dans le cinéma et constate l’engouement du public, adulte notamment, capable de rester bien plus d’une heure devant ses dessins animés. C’est la preuve qui lui manquait pour convaincre ses financiers que c’était possible Sans cette «Heure joyeuse de Mickey», il n’y aurait pas eu «Blanche-Neige et les 7 Nains» deux ans plus tard !
Depuis, Mickey a souvent été présent à Paris, que ce soit dans les vitrines du Disney Store ou comme invité VIP pour lancer les illuminations de Noël sur les Champs-Elysées ! Quant aux vitrines Disney, comme celle des Galeries Lafayette ce Noël, elles sont une tradition dans les grands-magasins américains depuis... 1933. Avec Mickey en vedette bien sûr !



Do you speak Mickey ?
Si nous appelons Mickey Mouse tout simplement Mickey, la célèbre souris porte de nombreux noms différents suivant les pays. Parmi les plus étonnants : Mikki Hiiri (finlandais), Musse Pig (suédois), El Ratón Miguelito (espagnol américain) ou Topolino (italien). En chinois, on l’appelle Mi Lao Shu (et on l’écrit 米老鼠) et en japonais Mikki Mausu (écrit ミッキーマウス) !




Ce Mickey est vraiment timbré !

En 1932, L’Académie des Oscars remet un Oscar spécial à Walt Disney pour récompenser la création de Mickey, alors la plus grande star de Hollywood. La même année, la Société des Nations (ancêtre de l’ONU) lui décerne également un prix, considérant qu’il rapproche les peuples et les cultures du monde entier. En 1944, le nom de «Mickey Mouse» a même été utilisé comme un des codes du Débarquement en Normandie ! Pas étonnant dès lors si Mickey est apparu sur de nombreux timbres officiels. Un premier a été édité aux États-Unis en 1967 en hommage à Walt Disney. Mais on doit le premier timbre à l’effigie de Mickey même à la République de San Marin en 1970. Plus tard, même des pays communistes comme la Roumanie n’ont pas hésité à afficher leur amour du célèbre héros qui rapproche les peuples ! En France en 1984 et encore 20 ans plus tard pour la fête du timbre, La Poste a émis à son tour des timbres à motif Disney et Mickey.




Mickey Muse des artistes

Dessiné par Walt Disney, Ub Iwerks puis par les plus grands animateurs de chaque époque (des légendaires Freddy Moore et Frank Thomas dans les années 30 à Andreas Deja dans les années 90), Mickey dispose même d’un portraitiste officiel pour ses «photos» s’anniversaire. Pendant longtemps, ce rôle a été dévolu à John Hench («Destino» avec Salvador Dali, concepteur des parcs Disney etc.). Mais Mickey a également inspiré de nombreux artistes contemporains dont Charles Schultz, Maurice Sendak, R. Crumb, Peter Max, and William Steig et bien sûr Andy Warhol. Et même Michael Jackson a fait don à l’occasion d’un livre d’un dessin sur la célèbre souris ! Plusieurs de ces oeuvres d’art ont été présentées dans l’exposition évènement «Il était une fois Walt Disney - aux sources de l’art des studios Disney» présentée au Grand Palais en 2006.
18 novembre 1928 - Apparition de Mickey dans «Steamboat Willie», premier cartoon sonore.

février 1929 - Mickey prononce (avec la voix de Walt Disney) ses premiers mots

janvier 1930 - «The Mickey Mouse Book» premier livre (et premier produit dérivé) attesté

7 mars 1932 - Walt Disney reçoit son 1er Oscar pour la création de Mickey

11 août 1933 - Sortie de la première montre Mickey qui sauve la firme Ingersoll de la faillite

21 octobre 1934 - Sortie du Le Journal de Mickey

24 novembre 1934 - Premier char Mickey dans la célèbre parade Macy’s de Thanksgiving à New York

23 mai 1935 - La Fanfare, premier cartoon de Mickey en couleurs

15 janvier 1940 - L’Apprenti Sorcier Fantasia

6 juin 1944 - «Mickey Mouse» est l’un des noms de code utilisée par les Alliés du Débarquement en Normandie

17 juillet 1955 - Mickey devient l’ambassadeur du parc Disneyland en Californie et par la suite de tous les parcs à thèmes Disney.

3 octobre 1955 - Premier programme télévisé régulier de Mickey : Mickey Mouse Club

24 décembre 1966 - Mickey en larmes en couverture de Paris Match à l’occasion de la disparition de Walt Disney

18 avril 1983 - Lancement du Disney Channel dont le logo représentait à l’origine un satellite en forme de tête de Mickey

20 octobre 1983 - Sortie de «Le Noël de Mickey», premier dessin animé de Mickey depuis 30 ans.

1992 - Mickey est l’ambassadeur de Disneyland Paris

7 avril 1995 - Sortie de «Mickey perd la tête», dernier cartoon de Mickey réalisé pour le cinéma.

17 août 2004 - Premier long-métrage vidéo dont Mickey est le héros tout au long du film (et non seulement d’un des «segments») : «Mickey, Donald, Dingo : Les Trois Mousquetaires»

25 novembre 2010 - Disney Epic Mickey marque le grand retour de Mickey dans une nouvelle aventure épique.